jeudi 27 mai 2010

Une vérité qui dérange

Le sommet de Copenhague à l’automne 2009 a marqué une étape importante dans la prise de conscience des populations, mais surtout des dirigeants, pour préserver notre écosystème. En dépit de l’échec de la rencontre, les témoignages divers et multiples démontrent l’urgence d’agir concrètement pour préserver non pas notre planète, mais l’humanité même. Mobilisation de personnalités médiatiques, Grenelle de l’Environnement, films (« Home », « La vérité qui dérange »,etc.), les faits concordent : on va dans le mur. Localement, dans notre département et dans le canton, le message est relayé : salon Bionazur en mai à Nice, 1er salon de l’Eco Habitat à Vence, la biodiversité en juin à Saint-Jeannet.



« Nous sommes en 2010 après Jésus-Christ ; toute la Gaule est pré-occupée par l’Environnement… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaudois résiste encore et toujours à la poussée verte ».
Mais pourquoi donc ? Parce que notre village se transforme le temps d’un beau samedi de mai en annexe de CAP 3000 pour accueillir le « 1er salon de l’automobile à La Gaude ». En privatisant l’espace public pour des marchands de pollution, la municipalité est fidèle à sa devise « un avenir qui se construit chaque jour ». Et, bien sûr, pour faire passer la pilule, l’affiche présente tout les attributs « écolo » : une belle pelouse verte, un panneau indicateur que l’on trouve habituellement sur les sentiers (comme une invitation à sortir son 4x4 sur les chemins) et le vélo électrique en prime (l’alibi écolo par excellence !).
Pour l’année prochaine, je propose : le 1er salon du téléphone portable, 1er salon de l’écran plat, le 1er salon du yacht de luxe…

Et quelle coïncidence malheureuse : l’an dernier en mai, « Le livre dans la rue » fêtait sa 10ème édition. Je rends hommage à son organisateur en me remémorant les rencontres et les débats où l’intelligence côtoyait le plaisir. Aujourd’hui, c’est probablement involontaire, la voiture remplace le livre ! Tout un symbole.
Notre époque réclame des changements de comportement pour passer à une société fondée sur « moins de biens et plus de liens ». Gageons que ce message, comme le fameux nuage de Tchernobyl, ne restera par bloqué à la frontière de notre commune.    
Eric Gosset